« Maire, le mandat de la proximité », dépêche de l’Agence France Presse (AFP) suite à sa venue à L’Etang-la-Ville

« Interpellé tout le temps » : le quotidien du maire d’une petite ville

L’Étang-la-Ville (Yvelines, France) – 26 février 2026 05:00 – AFP(Julie COSTE)/REPORTAGE/PREV/98XK963/ #NUT34 : Élections municipales

« Il y a des gens qui ne poussent jamais la porte de la mairie mais quand vous faites vos courses, c’est le seul moment où ils osent vous parler » : Daniel Cornalba, maire de L’Étang-la-Ville (Yvelines), raconte son quotidien d’élu qui consacre « 70 heures par semaine à la commune ».

« C’est passionnant, parfois éprouvant, et c’est non-stop« , explique à l’AFP l’édile de 34 ans, sans étiquette, élu en 2020 et candidat à un nouveau mandat.

« En peu de temps, tu vois l’effet de la politique que tu mènes« , par exemple en créant des passages piétons devant les écoles et les crèches, détaille le maire.

Sa commune verdoyante de grande banlieue parisienne compte environ 5 200 habitants, dont de nombreuses familles de cadres travaillant à La Défense.

Ce jour de mi-février, Daniel Cornalba va vérifier qu’une fissure au plafond de l’église du XIIe siècle, propriété de la ville, n’a pas évolué, voir les derniers aménagements d’une nouvelle micro-crèche privée ou suivre le recrutement d’un troisième médecin à la maison médicale.

– Collaboration –

Il se déplace à pied ou dans sa petite voiture personnelle blanche, dont l’habitacle est constellé de tickets de stationnement et de feuilles mortes.

Quand le maire, barbe naissante et en costume, parcourt les rues, il est souvent salué par des riverains, une femme qui promène son chien, le gardien d’une résidence, la coiffeuse… « Je suis interpellé tout le temps, même quand je fais mon jogging« , explique-t-il.

Celui qui a grandi et vit à L’Étang-la-Ville s’en accommode: « Il y a des gens qui ne poussent jamais la porte de la mairie mais, quand vous faites vos courses, c’est le seul moment où ils osent vous parler« .

Si son bilan comporte des actions chiffrables en période de campagne, comme le nombre de caméras de vidéosurveillance ou de places en crèche, Daniel Cornalba revendique aussi les liens noués « au bistrot » ou en mariant les Stagnovillois.

Devenu maire en pleine pandémie, il estime que « tout est bon pour créer du lien et faire que les différentes générations se retrouvent« . Il a mis en place des marchés nocturnes, une fête de la nature ou un tournoi de pétanque… « Parfois, on n’a pas besoin de réinventer grand-chose« , souligne celui dont le prédécesseur a été maire pendant 32 ans.

Mais il trouve aussi important de collaborer avec ses homologues. Par exemple, il travaille avec les municipalités voisines de Marly-le-Roi et Mareil-Marly pour coordonner l’installation de caméras, pour « assurer un continuum de surveillance » sans avoir à « flouter le trottoir de la commune voisine« .

Daniel Cornalba a aussi adhéré à l’Association des petites villes de France (APVF), dont il est membre du bureau.

« C’est super utile en tant que maire. Par exemple sur la vidéoprotection, au début du mandat j’en ai parlé avec mes collègues » en leur demandant ce qui fonctionnait, combien ils payaient pour l’équipement, raconte-t-il.

– Défi financier –

« L’APVF nous a ouvert des portes, j’ai fait pas mal d’auditions à l’Assemblée nationale, au Sénat, ça m’a permis d’avoir des rendez-vous avec le ministre du Logement« , salue Daniel Cornalba.

« Pour moi, ça a été un vrai levier pour apprendre des choses » estime-t-il. « En même temps, l’association s’enrichit des réalités que les maires vivent« .

Après avoir déjeuné d’un plat du jour au Mermoz, le bar-tabac de L’Étang-la-Ville, Daniel Cornalba est rejoint pour le café par sa première adjointe, Florence Genouville, en parka et sac à dos. Après un échange de bises, ils se rendent sur le site de leur « projet-phare« : le nouvel accueil de loisirs, qui ouvrira aux enfants de maternelle et d’élémentaire le lundi suivant, pour les vacances.

Le bâtiment en bois, encore planté dans la terre brute, a coûté 7 millions d’euros, et des ouvriers et animateurs s’y affairent pour passer une dernière couche de peinture, nettoyer les vitres ou installer les jeux.

Le maire cale avec la directrice, Mélanie Le Touzé, le moment où il pourrait venir rencontrer des parents la semaine suivante.

Pour le prochain mandat, il estime que « le défi financier est une absolue évidence« , alors que les dotations de l’État aux collectivités diminuent.

Pour ces municipales, il y a une liste d’opposition, emmenée par Thierry Pedros, qui fait partie du conseil municipal et que l’AFP n’est pas parvenue à joindre.

jco/mat/sw

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